Accoucher du premier jet d’IRL

Petit avertissement : ceci est le récit d’une expérience personnelle, et en aucun cas un mode d’emploi « àsuivreaupieddelalettresinoncestlamort » – je n’oserais d’ailleurs pas me poser en donneuse de conseils au vu de mon expérience limitée, et ce n’est pas vraiment le but de ce blog. Libre à vous donc de vous en inspirer ou de faire tout le contraire donc. 

Sans plus attendre, voici comment j’ai procédé pour réussir à transformer mon « idée de roman » en « roman ».

Phase 1 : Construction de l’Universarchitecture2

Cette phase a été l’une des plus importantes sinon LA plus importante de mon point de vue. Je voulais écrire un roman SF : pas d’univers cohérent, pas d’histoire cohérente. Pas d’histoire cohérente, pas de bon bouquin. L’une des choses que je voulais à tout prix éviter, c’était construire un univers où les aspects les plus essentiels et pratiques de la vie sont complètement oubliés. C’est le truc qui m’énerve le plus quand je lis certains romans. Genre l’utilisations de nouveaux gadgets ultra perfectionnés dans un monde sans usines, sans écoles et où l’auteur insiste bien sur le fait que tout le monde est devenu complètement neuneu. Grr. J’ai donc passé trois mois à renseigner sur de grands tableaux Excel les règles qui régiront le fonctionnement du Système et des sociétés rebelles. J’ai écrit en détail l’histoire et la mythologie de ce monde futuristique. Au fil des jours, j’ai complexifié ses mécanismes, dont seule une petite partie est dévoilée dans le premier tome de ma trilogie IRL.
J’ai pris mon temps.  J’ai imprimé des cartes, projeté la montée des eaux, l’avancée des déserts et des zones polluées, dessiné des architectures, des réseaux d’approvisionnement, des outils et des lieux. C’est seulement une fois ces grandes bases jetées que j’ai pu commencé à envisager d’avancer. En fait, cette première phase sera certainement le sujet d’un article entier un jour – je me suis vraiment trop marrée en fait.

Phase 2 : Plan de l’histoire

Une fois l’univers créé, il est l’heure de s’attaquer à l’histoire en elle-même. Par le passé, la raison pour laquelle je m’étais cassée les dents plusieurs fois sur l’écriture, c’était parce que j’avais voulu foncer tête baissée, sans réfléchir.  J’ai décidé que cette fois-ci, ce serait différent et que je ferais un vrai plan. L’idée était très simple : partir des grandes lignes pour ensuite zoomer sur le détail. Tout a été fait sur excel avant d’être transposé sur Scrivener.

  • Etape 0 : j’ai fait une petite fiche sur chacun de mes personnages principaux (apparence physique, traits de caractère, défauts, tics de langage, motivations) ainsi que sur les lieux (architecture, histoire, emplacement).
  • Etape 1 : j’ai écrit un résumé des trois livres dans les grandes lignes – oui, avec la fin.
  • Etape 2 : j’ai écrit un résumé un peu plus détaillé de l’intrigue du premier livre.
  • Etape 3 : ensuite, j’ai commencé à rentrer un peu plus dans le détail : j’ai fait un petit résumé de chaque chapitre en 2 ou 3 phrases, avec les éléments clés de l’intrigue. C’est mon plan général.
  • Etape 4 : à partir de ces quelques phrases, j’ai détaillé l’action de chaque chapitre en scènes. Et puis voilà!

Ça a l’air simple comme ça, mais entre l’étape 0 et l’étape 4, vous passez quand même un sacré nombre d’heures à regarder le plafond, à essayer de chopper l’inspiration qui se balade quelque part là-haut. En tout cas l’idée, c’était pour moi d’arriver à la fin de l’étape 4 avec un plan détaillé qu’il me suffirait de suivre.

Phase 3 : Ecrire le premier jet

Ma partie préférée. Tous les matins je sentais l’excitation monter à l’idée de ce que j’allais écrire le soir. Le kiffe total.

Désolée pour cette digression.

J’ai donc pris mon plan détaillé et écrit de manière linéaire : c’est à dire que j’ai commencé au début et j’ai poursuivi jusqu’à la fin. (Je n’écris pas les scènes séparément et dans le désordre – une méthode qu’emploient certains et que je serais bien incapable de répliquer. J’ai besoin de pouvoir me raconter mes histoires à moi-même et je perdrais le fil si je faisais autrement.) L’inconvénient de cette méthode, c’est que lorsqu’on reste bloquée à un endroit en particulier, eh bien, on reste bloquée. Et là, pas le choix, il faut insister, jusqu’à ce que ça passe.

Sinon voilà, au cours de cette étape, il s’est passé un phénomène étrange : l’imagination a pris le pouvoir. J’avais beau avoir fait le plan le plus détaillé possible, quand je suis passée du conceptuel au récit, je n’ai pas pu m’empêcher de rajouter des éléments. À la trame originelle se sont rajoutés des personnages, des intrigues secondaires, de nouveaux traits de personnalité, des lieux, j’en passe et des meilleures. Ce qui fait qu’au fur et à mesure , j’ai dû corriger mes plans. En permanence. De manière générale, même encore pour le tome 2, les grandes lignes sont toujours les mêmes, bien sûr, mais mon plan détaillé est mouvant.

Autre phénomène intéressant : j’ai écrit le premiers tiers du premier jet de Déconnexion en 4 mois. Les deux derniers tiers en à peine deux. Il paraît que plus on écrit, plus ça devient facile. Dans mon cas, ça s’est vérifié. De quelques heures le week-end, je suis passée à quatre ou cinq par soir. Et après 6 mois d’éclate totale, c’est avec le coeur battant que j’ai mis un point final au premier jet. J’ai hurlé dans l’appartement.

J’avais l’impression d’avoir fait le plus dur en finissant mon premier jet. Grossière erreur ! La suite ici.

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