Dépression post partum ou le blues du premier manuscrit

C’était très important pour moi d’écrire un jour là-dessus. Parce que franchement, sur le coup, je n’ai pas compris ce qui se passait. Et à part sur ce site – découvert en rentrant sur Google des recherches comme « dépression+premier+roman » ou « dépression+post+manuscrit »- je n’ai pas vraiment trouvé de témoignages sur ce phénomène. Erreur 500 - Plantage Serveur

Voilà donc : quand j’écrivais mon premier jet, j’ai passé des jours entiers dans un état prolongé d’euphorie. Littéralement. J’ai vécu en immersion complète dans mon propre univers. Du matin au soir et du soir au matin.

Bêtement, je pensais que lorsque je terminerais, ce serait l’apothéose. Une sorte d’orgasme littéraire qui couronnerait ces heures d’intense bonheur et d’excitation.

Seulement à l’approche de la dernière phrase, mon coeur a commencé à battre la chamade. Enorme bond quand j’ai mis le point final. S’en est suivi une crise de tachycardie qui a duré six heures. Je n’exagère pas. Trop d’émotion. Une envie de pleurer sans larmes. J’ai tout essayé pour me calmer – yoga, respiration par le ventre, méditation… Rien n’y a fait. Je suis allée me coucher très très tard avec le palpitant qui faisait une teuf d’enfer dans ma cage thoracique.

Le lendemain, c’était pire. Vous savez cet état d’euphorie dont je vous parlais plus haut ? Envolé. J’avais l’impression de vivre une longue descente de drogue ou en tout cas ce que j’imagine être une descente de drogue (la drogue c’est mal, m’voyez?). La vie était devenue de la daube. Je n’avais qu’une envie, me replonger dans mon roman et en même temps, je savais que je ne devais surtout pas le faire pour être capable de prendre du recul et de le corriger efficacement. Rester à l’écart de mon bébé a été un déchirement. Vous voyez ce sentiment qui vous saisit quand vous sortez d’un film ultra prenant (genre Harry Potter ou le Seigneur des Anneaux), quand tout à coup, la vie normale perd toute sa saveur par rapport au monde de l’imaginaire ? Ce sentiment horrible m’a collé à la peau pendant des semaines. Le tout arrosé de crises de larmes intempestives – alors qu’entendons-nous, je suis plutôt d’une nature joyeuse et du genre à ne jamais pleurer…

Bref, après avoir tourné en rond en chialant « Pourkoaaa moooaaaa? », je n’ai trouvé qu’un seul remède : commencer à écrire le deuxième tome. Là tout de suite, ça a commencé à aller mieux. Avec le deuxième bébé en route, l’euphorie était de retour. Comme de la drogue en fait. Ce qui à la réflexion doit faire de moi une sorte d’addict.

Bon je me fais une raison quand même, l’écriture comme drogue récréative, ça va, on a connu pire pour la santé, et puis ça coûte pas cher.

Donc, si vous avez souffert du même syndrome, n’hésitez pas à y aller de votre commentaire, je suis curieuse – et serais rassurée de ne pas me savoir trop seule !

3 réflexions sur “Dépression post partum ou le blues du premier manuscrit

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s