La fabuleuse histoire du contrat d’édition

Le 13 avril 2016, je me suis rendue à la poste d’Annemasse avec 10 gros manuscrits dans un sac IKEA. Le truc pesait une tonne. Ensuite j’ai passé 30 plombes à ré-écrire les adresses des dix éditeurs sur les dix formulaires de la poste.

Le soir même, mes reçus d’expédition soigneusement rangés dans mon placard, je me suis ouvert une bonne bouteille de champagne bien fraîche. Soulagement et victoire.

Le 15 avril 2016, je m’envolais par 5 semaines de vacances bien méritées pour surfer le Salvador et le Nicaragua.

14161906689709 mai 2016. Je suis super bronzée, super musclée. Mon copain vient de me rejoindre dans un magnifique petit hôtel au-dessus de playa Maderas, Buena Vista Surf Club, au beau milieu de la jungle. Le soleil vient de se coucher. On a passé la journée à surfer. Je vérifie mes mails sur le petit iPad derrière le bar avant que le dîner ne soit servi. Et là, c’est le choc. L’intitulé d’un des mails, c’est le titre de mon manuscrit. Et ça a l’air d’être envoyé par une vraie personne. En panique, j’appelle mon copain qui traîne sur un canapé pour qu’il vienne l’ouvrir avec moi. Si c’est un refus, je ne veux pas l’affronter seule.

En fait je ne lis même pas le mail. Je le parcours en diagonale et je réalise que ce n’est pas un « non ». Je vois juste les mots « transmis à ma direction littéraire »,  » je ne l’ai lâché qu’une fois que je l’ai fini »… Et c’est signé par une éditrice des éditions Milan. Je me suis mise à hurler et à courir partout comme une folle dans l’hôtel, surexcitée.
Les autres clients se sont tous précipités pour voir ce qu’il se passait.
Ce n’est qu’après quelques minutes de bonds partout sur la terrasse que j’ai réussi à me calmer suffisamment pour lire le mail dans le détail – où l’éditrice  me demandait un résumé des tomes 2 et 3 pour éclairer leur décision, qu’ils me communiqueraient dans un ou deux mois.

Deux heures après, une bouteille de rhum plus tard, encore au comble de la joie, je réussissais à me fracturer un orteil contre un meuble de l’hôtel.

Le lendemain, je rédige les résumés des tomes 2 et 3 sur l’iPad de l’hôtel et je les envoie. Et je croise les doigts. Et je continue de surfer avec un pied esquinté.

20 juin 2016. Nouveau mail de l’éditrice pour m’informer que le manuscrit poursuit son parcours de lecture avec un accueil plutôt favorable. Je continue de croiser les doigts. Et de vérifier ma boîte de réception toutes les 5 minutes.

4 juillet 2016. Je sors de mon cours de chant quand je reçois une notification. C’est l’éditrice qui m’informe qu’elle a des nouvelles – bonnes – et me demande mon numéro de téléphone. Elle m’appelle en fin de journée. C’est bon, les éditions Milan veulent publier mon roman et les deux tomes suivants. Je me tiens au meuble pour ne pas tomber à la renverse. Je n’y crois pas. C’est trop beau pour être vrai. Nous parlons du fait qu’il faudra faire des corrections, du timing de la publication, du contrat qu’il faudra signer…  Quand je raccroche, je suis euphorique. Dans la foulée, j’appelle mon copain, mes parents, mes soeurs, mes grand parents, mes amis… Et quand mon chéri rentre du boulot, c’est avec une bouteille de champagne à la main. Il fait beau, et nous allons la boire en jouant à la pétanque sur le terrain en bas de l’immeuble pour fêter ça. (Et par la même occasion, on invente une nouvelle variante où le chien peut courir après les boules et les bouger, histoire d’introduire un peu de suspens.)

Dans le courant de l’été, l’éditrice me propose de venir les rencontrer à Paris à la rentrée pour discuter des changements à apporter au livre.

14 octobre 2016. Je rejoins l’éditrice dans les locaux de Milan sur Paris. Nous passerons 6 heures à parler de l’intrigue, de l’univers, des personnages et des modifications à apporter au manuscrit. Les choses deviennent réelles et franchement sur-excitantes.

Et le 6 novembre, tout devient tout à coup super concret. Je signe mon premier contrat d’édition.

Je ne vais pas vous mentir, le stress n’était pas absent de cette fabuleuse aventure. J’ai dû regarder mon portable un bon million de fois en espérant avoir des nouvelles (bonnes bien entendu) et je me suis demandée dix mille fois si tout ça n’était pas trop beau pour être vrai. Encore maintenant, j’ai du mal à y croire et il me tarde d’avoir une copie du livre entre les mains pour être vraiment sûre de ne pas avoir rêvé tout ça. Mais là, il va falloir patienter encore un peu…

Une réflexion sur “La fabuleuse histoire du contrat d’édition

  1. Erell dit :

    C’est vrai qu’il était lourd, ton manuscrit ! Mais s’il y a une chose dont je peux t’assurer, c’est que tu n’as pas volé ton contrat d’édition. Je suis très heureuse d’avoir ouvert cette enveloppe et de t’avoir rencontrée. Encore un peu d’énergie, et tu auras bientôt le livre entre les mains !

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