Déterminer le meilleur abri pour une situation anarchique post guerre nucléaire

Il y a quelques jours, j’ai répondu sur Quora à la question suivante : Après une guerre nucléaire suivie d’une situation anarchique, il vaut mieux habiter dans quel type de batiment : ferme, châteaux ou autre ? Et je me suis dit que non seulement cela ferait un article super pour ce blog, cela ferait aussi un très bon point de départ pour générer des histoires.

Pour répondre correctement à cette question, nous devons d’abord déterminer deux choses :

  • Dans quelle région aller après la guerre nucléaire ?
  • Quel est le lieu le plus sûr pour une situation anarchique post-guerre nucléaire ?

Commençons donc par répondre à la première question :

Dans quelle région aller après une guerre nucléaire ?

Partons du principe que nous sommes toujours en France, que les négociations du Brexit se passent très mal, ou qu’on ait accidentellement déclaré la guerre aux Chinois, aux Russes ou aux Américains. Pour survivre à cette guerre, il convient d’anticiper où les missiles pourraient tomber afin de nous placer dans une zone avec le moins de retombées possible.

Voici ce qui pourrait être visé par les missiles :

  • Grandes villes
  • Ports et docks
  • Raffineries et pipeline

Pour établir cette liste, je me suis basée sur les articles suivants : 1. Putin just said Russia has ‘unstoppable’ nukes — here are the areas in the US most likely to be hit in a nuclear attack
2. MAPPED: The US cities you DON’T want to be in during nuclear war – and how to survive
3. In the event of nuclear war with Russia, what US cities would be targeted?

Si l’on en croit la carte développée par la Federal Emergency Management Agency (FEMA) , les principaux sites touchés seraient les grandes villes, les bases de défense, les stocks d’armes nucléaires. En me plaçant dans l’optique “on veut paralyser le pays en plus de le détruire”, j’ai rajouté d’autres objectifs stratégiques que sont les ports – afin d’interrompre une partie de notre approvisionnement – et les raffineries, raffineries pour lesquelles une mini bobinette non nucléaire devrait suffire. Je n’inclue pas ici les centrales nucléaires car les dégâts d’une explosion sur une centrale et d’une fusion du coeur seraient tels qu’apparemment les US et la Russie se sont mis d’accord pour ne jamais viser ce type d’installations – je me base sur cette réponse pour dire ça : Thierry Etienne Joseph Rotty’s answer to What would happen if a nuclear warhead hit a nuclear powerplant?

Ensuite, il convient de rentrer tout ça sur NukeMap, un super site qui permet de simuler des explosions nucléaires de différentes puissances. En partant du principe qu’on est attaqués par les russes avec des Topol SS-25 de 800kt, voici ce qu’on obtient (j’ai rentré presque tous les sites militaires plus hauts, les ports et les villes de plus de 500 000 habitants) :

Tout ce qui se trouve dans les cercles jaunes au centre est dans le coeur de l’explosion nucléaire – réduit en cendres -, dans le cercle gris foncé, ils se prennent l’onde de choc à plus de 5 psi – pulvérisés -, dans le cercle orange autour, tout le monde est brûlé au 3ème degré, et dans le cercle gris clair, l’onde de choc à 1 psi peut encore faire des blessés graves. Pour faire simple, tout ce qui se trouve dans le cercle orange est détruit, mort ou mourant, tout ce qui se trouve dans le cercle gris clair est blessé ou mort.
Les grandes traînées orange et jaunes sont les retombées radioactives pour un vent de sud-ouest de 15mph.

Déjà on notera qu’on peut repérer de grandes zones rurales ou montagneuses qui se situent loin de toutes les explosions (grisées sur la carte) :

Ces zones grises sont non seulement loin des explosions mais aussi loin des villes et donc du flot de réfugiés, blessés, qui va tout de suite se mettre en route avec les moyens du bord vers les hôpitaux les plus proches dans les plus petites villes. Plus on est loin de ces explosions, des autres centres urbains, plus on sera à l’abri des gens qui, par désespoir ou cupidité, pourrait bien vous trucider pour une télé ou quelques boîtes de conserve.

Si je me trouve à proximité d’une ville qui va être touchée, je suis les conseils de cet article : If a nuclear weapon is about to explode, here’s what a safety expert says you can do to survive. Je vais au centre d’un building, si possible dans une pièce sans fenêtres et je m’allonge au sol. Ensuite j’enlève les fringues contaminées, je me lave (s’il y a encore de l’eau), je me change, je me mouche etc… Si je survis et que je suis confrontée à une situation anarchique, je passe à la phase 2 :

Comment survivre dans une situation anarchique post-guerre nucléaire ?

Je fonce dans les endroits les moins détruits et surtout cultivés, les seuls endroits où je pourrais manger à ma faim : a priori les zones grises déterminées plus haut. J’aurai deux priorités : me défendre et me nourrir. Dans un contexte chaotique et violent, mais aussi où notre agriculture mécanisée et dépendante des hydrocarbures sera à nouveau en grand besoin d’huile de coude, où le rendement des terres sera réduit (Food and Nutrition in the Aftermath of Nuclear War), je crois que j’aurais plus de chance de réussir en m’alliant avec une petite communauté. Mais, on peut imaginer que sitôt la situation anarchique installée, la plupart des endroits sûrs seront certainement tout de suite tenus et défendus par des habitants qui ne voudront pas partager leur garde manger avec les autres, ou alors auront été pris par des bandes venus de l’extérieur. Il faudra donc faire un choix : essayer de m’allier avec une communauté existante OU en créer une ailleurs.

Option 1 : s’allier avec une communauté existante.

Le principal danger viendra à l’évidence des bandes qui voudront s’emparer des réserves de nourriture, si je veux m’allier à une communauté existante, je choisirai alors en priorité un endroit qui réponde aux critères suivants :

  • proches des champs, du bétail ou d’une zone de pêche
  • suffisamment grand pour stocker les récoltes
  • suffisamment grand pour mettre à l’abri une communauté
  • dans une position défendable qui permet de voir l’ennemi arriver de loin
  • capable de résister à un siège, à un assaut
  • équipé d’un puits/source/château d’eau

Donc les villages et châteaux fortifiés ou naturellement fortifiés, les plus isolés possibles, de préférence dans une zone facile à défendre : gorge de montagne, col, sommet de colline, îles. Par exemple :

Le village de Larressingle

L’île d’Ouessant

Option 2 : créer une communauté

J’ai un groupe de survivants, mais on ne veut de nous nulle part : pas le choix, il faut donc créer sa place à un endroit qui répond aux critères dits plus haut : l’idéal à ce moment-là, ce serait pour moi de réinvestir des bâtiments ou villages abandonnés – et il y en a ! Des dizaines de villages abandonnés en France – Le Curionaute.

La plus grosse difficulté viendra alors du fait qu’il faudra non seulement investir un endroit, se défendre, mais aussi se nourrir, et donc probablement remettre des terres en culture ou s’en accaparer, trouver des bêtes pour l’élevage. La chasse et la cueillette joueront alors probablement un rôle essentiel jusqu’à ce qu’on ait une production suffisante et stable, d’où la nécessité de s’installer dans un endroit non seulement le plus isolé possible pour éviter la concurrence avec une autre communauté, défendable, mais aussi proche de grandes zones sauvages où l’on pourra braconner, pêcher et éventuellement capturer quelques lapins pour les faire copuler.

Typiquement, près de mon village en Bretagne il y a une île qui correspondrait bien avec une ferme abandonnée, des terres auparavant cultivées, une lande où paissaient les moutons, des eaux poissonneuses et une population de lapins qui ne demandent qu’à être bouffés. Pour peu qu’on fortifie et protège les endroits où l’on peut accoster, une ou deux familles peuvent la transformer en forteresse :

Seule la question de l’eau douce pourrait poser problème, mais un réservoir d’eau de pluie pourrait facilement le régler.

Ou alors, j’investis un des nombreux châteaux en ruine, comme celui de Tonquédec :

Ou autre option intéressante, je vais dans les nombreuses ruines militaires du territoire, par exemple, les blockhaus :

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Deutsche Qualität

Ou la ligne Maginot, dont il reste des bouts entiers !

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Dans tous les cas, je dois être proche de mes sources de nourriture et d’eau, dans un endroit facilement défendable et difficile d’accès.

Très bien, maintenant qu’on a posé le décor, nous pouvons passer aux histoires…

Des histoires à écrire

  • Julie, jeune strasbourgeoise de 18 ans, se trouve avec des amis dans une rave sauvage dans la ligne Maginot. Les jeunes fêtards sont surpris par le flash de lumière et l’onde de choc. La musique est arrêté, la radio allumée : il ne faut pas bouger et rester à l’abri. Julie, son copain, sa bande d’amis attendent patiemment dans le bunker. Les communications finissent par s’interrompre. Quand des flots de réfugiés arrivent vers eux de tout côté, ils décident de s’organiser pour survivre.
  • Marie, jeune grand-mère de soixante ans, agricultrice, accueille les réfugiés venus des villes à bras ouvert dans son petit village fortifié du massif central. Mais quand c’est une bande armée qui se présente dans leurs murs, tuant une dizaine de résidents pour leur voler leurs vivres, ils n’ont plus le choix : désormais, ils vont devoir à apprendre en état de siège.
  • Après plusieurs jours à errer sur les routes avec sa famille et celle de sa femme, André, affamé et à bout de force, est pris en chasse par un groupe qui en veut à leurs réserves de nourriture. Quand ils tombent en pleine forêt sur les ruines d’un château fort à l’abandon, ils s’y réfugient. Après avoir réussi à repousser leurs agresseurs à coups de pierre, ils décident d’y établir un camp permanent. Petit à petit, au fur et à mesure qu’ils accueillent quelques réfugiés errants, aménagent le château, braconnent dans la forêt et cultivent des plantes dans les douves, c’est une petite communauté florissante qu’ils finissent par créer. Tellement florissante qu’elle attise la convoitise du village voisin qui a fini par épuiser ses réserves de vivres…

Bien sûr, comme d’habitude, libre à vous d’utiliser cet article et ces histoires comme bon vous semble 🙂

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