Comment je m’organise pour écrire en 2020

Vous savez, quand j’ai commencé à écrire mes premiers romans, m’organiser était plutôt simple : je n’avais qu’à trouver des plages de temps libre, et alors je me faisais un bon thé, j’attrapais une bonne dizaine d’After-Eight, je sautais sur mon canapé avec mon portable et je me lançais. M’organiser consistait donc à me dégager du temps, ce qui, en soit, s’est principalement résumé à arrêter de regarder la télé le soir. C’était relativement simple.

Quand j’ai commencé à écrire à plein temps, je pensais donc naïvement que n’ayant plus que ça à faire du matin au soir, je pouvais me passer d’agenda ou de n’importe quel outil de planification : la journée était de toute façon à moi. Et c’est là qu’a été mon erreur : écrire deux, trois heures le soir, c’est facile. Ecrire quatre, cinq heures les samedi et dimanche, c’est un peu plus fatigant mais ça se faisait généralement aisément : je me sentais généralement tellement limité par mon emploi du temps en semaine que les mots que je n’avais pu écrire du lundi au vendredi jaillissaient le week-end.
En revanche, écrire plus de cinq heures par jour, tous les jours… c’est là que c’est devenu compliqué. J’ai essayé. J’ai essayé de faire du 9h-12h 13h-18h d’écriture. Sauf que voilà, autant tenir ces horaires au bureau, ça se fait – l’intensité du travail variant énormément au cours de la journée et la majorité des tâches ne demandant pas vraiment de faire chauffer les neurones – autant tenir ces horaires en ayant le cerveau vraiment correctement allumé, c’est chaud. Certains le font, certains y arrivent, pas moi. Cela m’a pris du temps, mais j’ai fini par réaliser qu’au-delà de cinq heures d’écriture, en gros, je ne produisais pas grand chose de bon. Alors entendons-nous, quand je dis « écriture », je veux dire « écriture du premier jet » : je peux facilement faire des recherches, des plans, reprendre mes manuscrits pendant douze heures d’affilée, mais par contre pour poser les premier mots sur une feuille blanche, que voulez-vous, mon cerveau n’est pas aussi efficace. Et le problème, c’est qu’au lieu d’accepter cette limite de cinq heures, je me suis acharnée, et résultat, pendant ces « heures supplémentaires » je pouvais être le plus facilement du monde distraite par mon téléphone, par Twitter, par Quora. Et conséquemment, à cause de ce manque d’organisation de mes journées, de mon manque de limites et de programme précis, j’en faisais beaucoup moins que ce que j’aurais pu.

Le déclic, ça a été le petit bilan que j’ai tiré à la fin de mon année 2019 : cette année-là, j’avais envie de faire plein de choses professionnellement comme personnellement, et je n’avais pas touché la plupart des projets que j’avais en tête. Par exemple, j’ai un très gros chantier d’univers de fantasy pour lequel je dois créer un corpus de textes et plusieurs langues, et je m’étais promis de l’attaquer concrètement en 2019 : je suis arrivée au 31 décembre avec très exactement rien de démarré. Bon, pour ma défense, j’ai aussi été malade la moitié de l’année, mais est-ce que, quand même, je n’aurais pas pu trouver le temps de coucher au moins une nouvelle sur papier ? La réponse est oui. 1. en la programmant dans mes journées au lieu de me dire « oui, peut-être une page, la semaine, prochaine, le soir, si j’ai le temps », 2. en coupant complètement les distractions du type téléphone, réseau et autres et donc 3. en gérant mieux mon temps d’écriture.

Bon alors le point 1, je crois que tout le monde peut le comprendre assez facilement, mais les points 2 et 3, quel est le lien me direz-vous ? Et bien comme je l’ai mentionné plus haut, sur les six à huit heures que je consacrais par jour au livre, il devait y en avoir quatre ou cinq de vraiment utile : le reste du temps, j’étais mentalement trop vidée pour écrire alors je me faisais attraper par le premier fil Twitter venu. L’idée en transformant mon organisation est donc de faire autre chose de productif de ces heures, plutôt que de papillonner sur des sites internet dont je me fous finalement un peu.

Forte de ce constat, j’ai changé ma méthode de planification. Comme beaucoup de monde, j’utilisais déjà un bullet journal pour noter toutes les tâches pro ou perso à accomplir, mais j’ai décidé de remanier entièrement mon template pour vraiment essayer de caser beaucoup plus de choses dans une même journée. Vous allez voir :

Déjà première chose, j’ai sorti le planning de l’année des premières pages du journal : honnêtement, je n’y retournais pas beaucoup, moins d’une fois par mois, et s’il y a une chose que j’ai retenu de mon temps dans l’ingénierie et des usines, c’est que les indicateurs visuels importants, mieux vaut les avoir sous les yeux en permanence. J’ai donc créé un fichier Excel à imprimer avec mon année, où j’ai fait un premier planning des livres à écrire et des autres projets pro à travailler:

Ensuite, j’ai fait la même chose pour les mois : pareil, je n’y revenais quasi jamais, et je trouvais bien plus simple de l’avoir sous le nez, juste au-dessus de mon bureau. Cette page « mois » à imprimer reprend le même template que l’année, avec une colonne d’objectifs pour le livre en cours, les projets pro, et la liste des tâches pro et perso importantes. (Je vous mets d’ailleurs tout ce classeur Excel en téléchargement ici si ça vous intéresse.)

Enfin, j’ai gardé mon bullet pour ce qui m’intéressait vraiment, le semainier. Avec celui-ci, je voulais à la fois tenir mes objectifs mensuels professionnels, personnels, tout en tenant mes bonnes résolutions – ie. dormir mieux, faire du sport et du dessin tous les jours, être plus positive. Je voulais aussi m’organiser à la manière dont je travaillais chez Gillette, en mettant les tâches « high focus » dans les heures de la journée où je sais que je suis plus efficace, et les autres tâches dans les heures plus creuses.

J’ai donc opté pour une modification de ce très beau template, qui me permet à la fois de m’organiser, de faire du time blocking, de suivre la progression de mes objectifs, de rentrer des notes positives, et de définir les priorités de ma semaine :

En bas, à gauche, ce sont les objectifs que je me suis fixée pour le manuscrit en cours et mes autres projets pro. A côté, deux graphiques : l’un me permet de noter le temps passé à mes bonnes habitudes (dessiner, méditer, faire du sport), l’autre de noter l’heure du coucher, du lever et le temps de sommeil.

A droite, j’ai mis une matrice des tâches, pour les classer par important/pas important urgent/pas urgent.

L’idée est de préparer mes objectifs et mes tâches le dimanche soir, et de les programmer dans la semaine grâce au petit calendrier – en jaune, le manuscrit, en bleu ciel, les projets pro, en rouge, les emails et tâches administratives, en vert sombre le dessin etc. Bref, de bloquer du temps pour certaines tâches et de m’y tenir – exit la procrastination sur les réseaux. Et bien sûr, en bas de chaque journée, j’ai laissé un espace pour noter trois trucs positifs.

Pour l’instant, cela fait trois semaines que j’utilise cette nouvelle organisation, et si je dérape parfois un peu sur mon planning, je sais d’ores et déjà que je vais continuer jusqu’à la fin de l’année : cela faisait des mois et des mois que je parlais de traduire le premier tome d’In Real Life en anglais – parce que oui, j’aimerais que mon mari, ma belle-famille et mes amis anglophones puissent le lire – et j’ai enfin pu faire de gros progrès dessus, tout en avançant à grand pas sur la préparation du prochain livre. Bref, j’ai déjà l’impression de faire un usage beaucoup plus productif de mon temps. On verra comment se déroule le reste de l’année, mais c’est bien parti !

Et vous, vous utilisez quoi pour vous organiser ? Vous êtes plutôt bullet journal, application, agenda ?

Des bisous.

2 réflexions sur “Comment je m’organise pour écrire en 2020

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